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Technologia Manifeste

Technologia a lancé en partenariat avec le SNJ une étude sur la profession de journaliste. Nous tenons à remercier les journalistes qui ont déjà répondu. Vous avez été nombreux à vouloir être ajoutés à la liste des destinataires, ce qui montre à quel point la profession porte de l'intérêt à la démarche. Chaque journaliste peut se faire l’ambassadeur de la démarche.



Solutions : Prévenir les risques musculo-squelettiques

Lésion musculaire, tendinite, syndrome du canal carpien... Les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent de plus en plus d'individus au travail à  tel point que ce phénomène est devenu un enjeu de santé publique. En mai dernier, le Ministère du travail a d'ailleurs lancé le deuxième volet d'une campagne de sensibilisation et de prévention des TMS, aux côtés des partenaires institutionnels (CNAMTS, ANACT, OPPBTP, Ministère de l'agriculture). De son côté, Technologia, acteur clé dans la prévention des TMS, propose aux entreprises d'accompagner les entreprises dans cette démarche. Explications de Mokhtar Larbi, Médecin Ergonome responsable du Pôle Santé au travail du Cabinet Technologia .



TMS : de quoi parle-t-on ?

Il s'agit de lésions articulaires qui touchent les tissus mous : muscles, ligaments, tendons et nerfs, cartilages... Le syndrome du canal carpien est la pathologie la plus connue. Elle se manifeste par des douleurs au niveau du poignet, de la main et des doigts (sensation de doigt mort) qui entravent les gestes professionnels et domestiques, à  l'origine d'un véritable handicap. Ces signes sont dus à  une inflammation et une compression des « éléments mous des articulations », comme le poignet, le coude « épicondylite » et « épithrocléite » chez ceux qui exécutent de manière répétitive des mouvements de torsions forcées. Au niveau de l'épaule, la tendinopathie, due à  une hyper sollicitation de la « coiffe des rotateurs » (en particulier, quand le travail se fait dans de mauvaises conditions ergonomiques, obligeant à  adopter une position « épaules surélevées »), peut même conduire, comme pour le canal carpien, à  une intervention chirurgicale. Ces pathologies ne sont pas les seules identifiées : les lombalgies et les douleurs articulaires au niveau des genoux sont aussi à  prendre en considération. Mais quand on parle de TMS, on sous-entend une atteinte au niveau des membres supérieurs.

Cerner les causes des TMS :

Souvent provoqués par des gestes répétitifs ou pénibles, donc nocifs, ces maux affectent surtout le personnel de l'industrie. Mais les salariés du secteur tertiaire ne sont pas épargnés par les TMS (maniement répété de la souris d'ordinateur, mauvaise posture du corps lié au plan de travail...). Ces maux très douloureux à  supporter, variables en fonction de l'âge, peuvent être liés à  l'ergonomie des postes, aux conditions de travail et au stress. En effet, le risque TMS n'est pas uniquement lié au caractère répétitif d'une tâche, à  la pénibilité des gestes et à  la dimension physique de l'activité. Bien d'autres facteurs entrent en jeu, tels que la conception du poste, l'organisation de travail, les cadences, ainsi que l'adaptation de la personne elle-même. La dimension psychologique du salarié (ce que l'on nomme « l'état instantané») ' âge, capacité physique ' doit aussi être prise en compte. Par ailleurs, le lien entre les TMS, le stress et la pression psychique vécue sur le lieu de travail, a été démontré. Le stress accentuant en effet les tensions et les rigidités physiques.

Prendre conscience de l'ampleur du phénomène
Pour les employeurs, les TMS représentent un co»t non négligeable, induisant une baisse de la productivité, une augmentation des maladies professionnelles et du taux de cotisation, mais aussi, une érosion, voire une perte définitive des compétences. En nette augmentation, les TMS sont devenus un véritable enjeu de santé publique. En 2005, le taux de déclaration des TMS a atteint 75%. En 2007, 34 200 maladies liées aux TMS ont été indemnisées, selon les données de l'Assurance Maladie. Ce mal mérite donc une prévention accrue, au niveau collectif et individuel, et ce, dans le cadre d'une démarche de long terme.

Le CHSCT et le médecin du travail, des acteurs clés
En matière de prévention des TMS, il est capital que le CHSCT soit à  l'écoute des salariés. Un seul cas de TMS repéré dans l'entreprise doit inciter à  intervenir. Autre acteur clé : le médecin du travail. Il est en effet le mieux placé face à  la souffrance physique ou psychique des salariés. De ce fait, il est en mesure de remonter les problèmes et dysfonctionnements observés auprès de la Direction, de façon confidentielle. Enfin, il a un rôle d'information non négligeable. Dans le cadre de la prévention secondaire, il peut par exemple diffuser une brochure de sensibilisation aux TMS, délivrant des conseils aux salariés. Au plan individuel, il existe en effet quelques gestes à  connaître pour réduire le mal. Comme par exemple, s'astreindre à  une gymnastique quotidienne (étirements et auto-massages des paumes, rotations de la nuque, posture du buste droite, hydratation régulière pour éliminer les toxines...). Tous ces gestes sont bénéfiques, même s'ils ne se substituent pas aux actions relevant de la prévention primaire, et même s'ils ne permettent pas d'éradiquer complètement le mal.


Comprendre l'intérêt d'une expertise
C'est surtout au niveau collectif que tout se joue. Une expertise permet d'établir avec précision un diagnostic des TMS dans l'entreprise, afin de cerner ses causes et d'agir sur le mal. Cette démarche participative, qui se déroule sur une période de deux à  six mois environ, doit impliquer la Direction, le CHSCT et tous les acteurs de l'organisation concernés. Y compris les salariés, dont l'avis doit être pris en compte en vue d'améliorer leur situation de travail. Ensemble, il s'agit d'éuvrer pour permettre une évolution durable des conditions de travail. Au préalable, il est toutefois préférable que les membres du CHSCT aient commencé à  identifier le champ des TMS dans l'entreprise. Cette pré-évaluation réalisée, les experts de Technolologia pourront ensuite plus aisément mener leur investigation. Celle-ci débute par l'analyse des indicateurs socio-sanitaires, avec l'aide du médecin du travail. Certains peuvent être les révélateurs d'un mal-être au travail : absenteisme, arrêts maladie, accidents du travail, maladies professionnelles,démissions, taux de turnover, demandes de mutations etc. L'analyse du poste de travail effectuée, il s'agit de considérer tous les facteurs qui entrent en jeu. Le rapport d'expertise établi, reste au CHSCT la mission d'inciter la Direction à  agir pour une amélioration durable des conditions de travail.

Envisager une approche globalisante et pluridisciplinaire
Pour s'engager dans une démarche visant à  réduire durablement les TMS dans une entreprise, mieux vaut adopter une approche globalisante et pluridisciplinaire, au carrefour de l'ergonomie, de la sociologie, de la psychologie et de la médecine. Cette démarche doit tenir compte de différents aspects. En effet, se focaliser sur un seul facteur (par exemple, la conception du matériel) risque d'aboutir à  une vision réductrice de la problématique. A court terme, cela peut certes permettre d'atténuer les TMS, mais ceux-ci réapparaîtront de façon inéluctable. Une approche globalisante permet d'envisager des solutions durables : aménagements de postes plus adaptés, afin, par exemple, de supprimer les gestes nocifs ; polyvalence du salarié, afin de casser le caractère répété des gestes et de réduire la monotonie et la pénibilité de ses tâches ; meilleure écoute du management de proximité etc. Par cette approche globalisante et pluridisciplinaire, l'entreprise pourra se doter d'une véritable politique de prévention des TMS.

*Synthèse de l'intervention de Mokhtar Larbi, Médecin Ergonome responsable du pôle Santé au Travail à  Technologia.