Stress & Transport : Le manifeste de Technologia

Technologia Manifeste

L’analyse de l’impact des transports sur la santé des salariés et des entreprises fait apparaître que les salariés, sur certains axes très critiques, « n’en peuvent plus ».



Prévenir les risques électromagnétiques sur le lieu de travail

Dans la foulée du « Grenelle des ondes », des groupes de travail associant parties prenantes et Ministères concernés vont prochainement se réunir, en vue de concrétiser les orientations de la table ronde « Radiofréquences, santé, environnement ». Par ailleurs, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSEET) rendra public un rapport, d’ici au mois de septembre. Malgré ces avancées, la réglementation en vigueur sur la santé des travailleurs reste floue. Mais les employeurs n’en sont pas moins tenus de protéger la santé physique et psychique de leurs salariés. Et le principe de précaution s’impose… Voici quatre idées reçues sur les ondes électromagnétiques :

 

 

 

 

Tant que la nocivité des ondes électromagnétiques fait débat dans la communauté scientifique et que la réglementation n’est, à priori, pas sévère, les employeurs n’ont pas de responsabilité particulière à l’égard de leurs salariés. FAUX


Les lieux de travail ont été métamorphosés par l’explosion des nouvelles technologies et le manque de recul ne permet pas encore d’estimer l’impact de tous les risques. Bien que ceux liés aux ondes électromagnétiques ne fassent pas encore l’unanimité dans la communauté scientifique, les radiations émises à des fréquences même très basses seraient nuisibles. « Il y a déjà dix ans, un rapport de l’Institut national des sciences sanitaires de l’environnement des Etats-Unis, cité par le British Medical Journal, a mis en avant le fait que les champs électromagnétiques peuvent être cancérigènes, même si le risque n’est peut-être pas élevé, explique Pierre Le Ruz , expert à Technologia et Président du Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM). Il est donc nécessaire d’appliquer le principe de précaution. »A fortiori, du côté des employeurs. Ce réflexe n’est certes pas évident, du fait qu’une réglementation plus favorable à la santé des salariés tarde à se mettre en place. Il s’agit de revoir les normes, jugées obsolètes, afin de faire baisser les seuils limites d’exposition. Au sein du conseil de l’Union européenne, un fort lobbying se développe en ce sens. Mais y aura-t-il du nouveau d’ici à 2010 ? Pas sûr. En attendant, certains employeurs, plus conscients du danger que d’autres, commencent à prendre des dispositions pour mesurer l’impact des ondes sur le lieu de travail, et pas uniquement des ordinateurs et des téléphones. Ainsi, de plus en plus d’hôpitaux sollicitent des expertises pour mesurer le taux d’exposition des antennes relais situées sur leur toiture. D’une façon générale, les employeurs ne peuvent ignorer la directive de 2004 sur les normes de compatibilité électromagnétiques et un décret qui limite à 3 volts/mètres le seuil d’exposition dans les bureaux. De ce fait, ils sont juridiquement responsables de la santé physique et mentale de leur personnel. Le nombre croissant de plaintes de salariés, certains exerçant « leur droit de retrait » (en cas de danger jugé grave et imminent sur la santé) atteste de cette obligation. Juristes et assureurs estiment qu’à l’avenir, il faudra s’attendre à que les plaignants gagnent toutes leurs poursuites et mettent en avant le «syndrome d’intolérance au champ électromagnétique ». Plutôt que d’engager la responsabilité de l’entreprise et d’être soumis au risque de la « faute inexcusable », mieux vaut donc prévenir ! De ce fait, tout employeur a intérêt à rester dans les valeurs limites dictées par la réglementation et à prendre en considération une plainte qui surgit en interne.


Dans l’environnement de travail, les risques concernent principalement les ordinateurs. FAUX


De nombreux équipements à l’intérieur des bureaux peuvent nuire à la santé des salariés : téléphones DECT, bornes wifi, claviers et souris d’ordinateurs, téléphones mobiles… Mais d’autres matériels sont aussi concernés : « L’impact des ondes électromagnétiques est un risque non négligeable dans un univers fermé et clos du véhicule, avec des outils qui fonctionnent en permanence, met en garde Jean-Claude Delgenes, Directeur général de Technologia. Quelques entreprises sont d’ores et déjà sensibles à cette problématique. Récemment, un groupe industriel a ainsi mandaté Technologia pour élaborer un diagnostic complet de sa flotte automobile.


Tous les systèmes de protection contre les ondes électromagnétiques sont efficaces. FAUX


En surfant sur le web, l’internaute peut trouver pléthore de systèmes et d’outils sensés le protéger contre les rayonnements électromagnétiques. Mais leur fiabilité et leur efficacité ne sont pas toujours démontrées ! En matière d’état des lieux électromagnétique et de choix des matériels de protection, le recours à un expert est donc vivement recommandé. Et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que les employeurs méconnaissent souvent l’existence de solutions techniques innovantes et beaucoup moins nuisibles, tels que les nouveaux systèmes à infra rouge. «Ils peuvent remplacer certains matériels émetteurs d’ondes électromagnétiques, comme les souris d’ordinateurs ou les pistolets de lecture RFID », explique Pierre Le Ruz. Ensuite, parce que certains équipements nécessitent une grande expertise dans leur utilisation. Exemple : la fibre d’argent. Ce matériau peut être employé dans les environnements de bureaux pour limiter les ondes extérieures des antennes relais. Cependant, appliquée dans un espace de travail regroupant des téléphones DECT, c’est l’effet contraire qui peut se produire, avec une augmentation de la puissance des ondes électromagnétiques ! Le savoir-faire d’un expert apparaît donc incontournable.

Sur le marché de l’expertise électromagnétique, tous les prestataires se valent. FAUX


« Le marché des prestataires de l’expertise électromagnétique est d’autant moins mûr que les élus du CHSCT, les médecins du travail et les Directions ne sont pas encore vraiment sensibilisés à ce nouveau facteur de risque», déplore Pierre Le Ruz qui anime les missions de Technologia sur cette problématique avec Christian Lips. Pour ce qui est des environnements intérieurs, il s’agit en effet d’un marché en émergence et la question du référencement d’un réseau d’experts et de bureaux de contrôle indépendant, intervenant selon un même protocole adapté à la protection des personnes est encore à l’ordre du jour. Avant de s’engager à l’aveuglette, mieux vaut donc s’assurer des compétences techniques du prestataire pressenti. Quelques questions s’imposent : quelle est la gamme de fréquences du matériel utilisé par ce spécialiste ? Saura-t-il fournir un spectre électromagnétique permettant de détailler les différentes fréquences ? Ce point est essentiel car se cantonner à une mesure globale de l’intensité électromagnétique ne permet pas de localiser l’origine du problème. Autre aspect à vérifier : le prestataire prévoit-il un rapport d’expertise écrit ? Enfin, est-il à même de fournir les certificats d’étalonnage de ses appareils de mesure ? Le cas échéant, une expertise post-travaux peut aussi être demandée au prestataire sollicité, voire à un autre expert, afin de s’assurer que la mission a été effectuée dans les règles de l’art.


*Synthèse réalisée à partir des contributions de Pierre Le RUZ, expert à Technologia membre du CRIIREM, de Jean-Claude DELGENES, Directeur général de Technologia