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Technologia a lancé en partenariat avec le SNJ une étude sur la profession de journaliste. Nous tenons à remercier les journalistes qui ont déjà répondu. Vous avez été nombreux à vouloir être ajoutés à la liste des destinataires, ce qui montre à quel point la profession porte de l'intérêt à la démarche. Chaque journaliste peut se faire l’ambassadeur de la démarche.



Deuxième Prix du Roman d'entreprise : une opportunité pour lancer le débat sur le bien-être au travail...

Interview Jean-Claude Delgènes, Directeur Général de Technologia.

La deuxième édition du Prix du Roman d'entreprise est lancée ! Co-organisé par Place de la Médiation, concepteur de ce Prix, et Technologia, cet événement, qui se déroulera fin 2010, récompensera un auteur dont l'éuvre porte sur la vie en entreprise. Comme l'an dernier, les organisateurs sélectionneront des ouvrages récemment publiés sur ce thème. Mais pas seulement... L'originalité de cette deuxième édition est de promouvoir en plus de jeunes talents. Un appel à  candidatures est donc lancé auprès d'écrivains sensibles à  la thématique du travail, et dont l'éuvre originale pourrait être publiée. Un débat serait également lancé, avec pour objectif d'explorer les voies menant au bien-être au travail.
Quels seront les axes de la deuxième édition du Prix du Roman d'entreprise ?

J-C D. « En 2009, les romans édités étaient à  l'honneur. Cette fois, en plus des ouvrages récemment publiés, nous voudrions initier autre chose. Nous allons lancer un appel à  candidatures afin que des auteurs non édités, sensibles à  la problématique de la vie en entreprise, puissent concourir dans le cadre de cette deuxième édition du Prix du Roman d'entreprise. Comme l'an dernier, un débat réunira de nombreux experts conscients de la nécessité de faire progresser la discussion autour de la qualité de vie au travail. Car c'est bien de cela dont il s'agira ! Il faut dépasser cette « jouissance morbide » qui se tisse autour du débat sur la souffrance au travail, concept amplificateur d'anxiété chez les salariés. Il convient désormais d' explorer aussi l'autre versant du travail, source d'épanouissement et de réalisation de soi. Car il est encore possible de s'épanouir au travail! Ce débat sera l'occasion d'identifier la responsabilité des entreprises dans la mise en éuvre de solutions concrètes pour tendre vers ce mieux-être au travail. Redonner au travail la place qu'il mérite, permettre aux salariés de se réaliser dans leur activité sont certes des tâches de longue haleine. Mais nos missions menées sur le terrain depuis vingt ans prouvent que l'objectif peut-être réaliste. En effet, j'ai pu me rendre compte combien un collectif de travail était fragile, mais aussi, combien il était possible de le régénérer rapidement pour favoriser des modes de fonctionnement afin de permettre à  chaque salarié de mieux s'épanouir. Si elles n'entreprennent pas cette réflexion, avec des mesures concrètes, deux dangers guettent les entreprises : le désengagement des salariés et l'explosion de la violence.»

En 2009, à  la lecture des douze romans en compétition, il est apparu que les écrivains avaient une vision plutôt pessimiste du monde du travail. L'entreprise est-elle devenue ce lieu de souffrance qu'ils dépeignent ?

J-C D : «Il est vrai que de plus en plus de contraintes mettent les individus dans des situations d'asservissement et non plus d'accomplissement. La pression des marchés financiers, les nouvelles technologies, les indicateurs de performance, le règne du consommateur roi, la déterioration de la régulation sociale, les modes de transport professionnel... Tous ces facteurs pèsent lourdement sur les individus qui sont confrontés à  eux-mêmes, dans un contexte de dislocation du lien social. Le travail perdant parfois sa fonction d'intégration, il peut devenir une source de déséquilibre.»

L'aliénation au travail l'emporte- t- elle désormais ?

J-C D : « Non... Car au-delà  du climat de mal-être dans lequel il peut s'exercer, le travail reste un puissant facteur d'équilibre personnel. C'est en effet un élément déterminant de l'identité de chacun. C'est un promoteur de l'estime de soi, laquelle est protectrice de la santé mentale. Pour toutes ces raisons, il est fondamental que l'individu ne soit pas dépossédé de son travail et qu'il y trouve toujours une réponse à  ses besoins sociaux et identitaires. C'est en ce sens que sera organisé le débat, lors de prochaine édition du prix du roman d'entreprise. »

Quels seront les intervenants invités au débat ?

J-C D : « Nous inviterons romanciers et experts du monde du travail (sociologues, médecins du travail, psychiatres, dirigeants ou représentants du personnel ...) à  confronter leur vision des choses. Ces regards croisés ne peuvent qu'enrichir la discussion. Lors de la précédente édition, les intervenants présents ont été conscients de l'intérêt de faire avancer la discussion, en acceptant de confronter leurs points de vue au Ministère du Travail, tribune idéale pour aborder la problématique de la souffrance au travail, au-delà  des idéologies de chacun et des clivages politiques. Mais l'absence de certains romanciers primés et invités a été regrettable ! En faisant passer leurs raisons personnelles au premier plan, ces auteurs ont finalement le risque de signifier leur désintérêt pour les grands enjeux collectifs sociétaux et la souffrance au travail, qui était pourtant le thème phare de leurs romans ...Cette posture des écrivains pour nous a été jugée conjoncturelle ! A l'évidence de grand succès médiatique du premier prix permettra de rassurer chacun sur l'indépendance des organisateurs pour la prochaine édition.»

Encadré : rappel sur l'édition 2009 du Prix du Roman d'entreprise

Le 7 décembre dernier, Xavier Darcos, Ministre du travail et des relations sociales, a décerné le premier Prix du roman d'entreprise au livre de Delphine de Vigan : «les heures souterraines » (Lattès). Douze romans étaient en lice, évalués par un jury de 15 personnalités du monde de l'entreprise. Cet événement a été l'occasion de lancer le débat sur le thème : « l'entreprise, lieu de souffrance ou d'épanouissement ? »