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L'impact des ondes électromagnétiques sur les conditions de travail
L'impact des ondes électromagnétiques sur la santé n'est plus à démontrer. Toutefois, bon nombre d'employeurs en ignorent encore les dangers, alors qu'ils sont juridiquement tenus de protéger la santé de leurs salariés. Zoom sur les zones de travail à risques.
Il y a quelques mois, les juges du Tribunal des affaires de la
sécurité sociale de la Roche-sur-Yon (Vendée), ont du se prononcer sur
un dossier inhabituel émanant d'un salarié. Motif invoqué par celui-ci
? Le « syndrome d'intolérance au champ électromagnétique ». Le
plaignant a obtenu gain de cause face à son employeur : le tribunal a
en effet reconnu comme maladie son « électro-hypersensibilité. » « A
l'avenir, de plus en plus d'employeurs vont être confrontés à ce type
de plainte », prédit Pierre Le Ruz, Président du Centre de Recherche et
d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques
(CRIIREM) et expert à Technologia. En l'absence de mesures préventives
prises par les employeurs pour limiter les expositions, les salariés
peuvent, en effet, ressentir divers troubles. Fourmillements,
migraines, nausées, rougeurs, arythmies, vertiges, troubles de la
concentration ... Autant de perturbations qui génèrent fatigue, baisse
de l'efficacité et absentéisme. Pire : il a été prouvé que les
radiations émises à des fréquences même basses seraient cancérigènes.
Un état des lieux électromagnétique, réalisé à l'aide de sondes,
apparaît donc indispensable pour mesurer les champs électromagnétiques
des multiples équipements de travail. En tant que cabinet d'expertise,
Technologia qui réalise ce diagnostic, peut ensuite préconiser des
mesures préventives liées aux zones à risques diagnostiqués. Et elles
peuvent être nombreuses ! Il existe toutefois des moyens techniques
simples pour résoudre les problèmes d'exposition des salariés aux ondes
électromagnétiques. Panorama des risques et de quelques-unes des
solutions possibles...
A l'intérieur des bureaux
â?¢ La téléphonie
Les portables, les téléphones DECT, la Wifi, le WIMAX...Tous ces équipements sont chargés d'ondes électromagnétiques extrêmement perturbantes pour l'organisme humain. Récemment, il a été par exemple enregistré 16 Volts/mètres dans les bureaux d'une entreprise, provenant de trois téléphones sans fil, soit une mesure cinq fois plus élevée que le seuil autorisé !
> Les solutions possibles : dans la mesure du possible, mieux vaut privilégier les traditionnels postes téléphoniques filaires. A défaut, il faut engager une véritable réflexion ergonomique pour placer les équipements dégageant des ondes électromagnétiques éloignés des personnes (par exemple, les antennes wifi dans les bureaux). Une signalétique doit également être prévue dans les zones de bureaux à risques : des pictogrammes de sécurité indiquant notamment l'emplacement des transformateurs, dont la proximité est déconseillée, en particulier pour les personnes portant des pacemakers. Pour éviter ces aménagements, la technologie la plus performante reste le câble optique, certes plus chère, mais hautement sécuritaire à tous les niveaux. Cette solution résout en effet les problèmes de parasitage, mais aussi le risque de piratage des informations (via la wifi notamment). Ce dont les entreprises ne se méfient pas toujours !
â?¢ Les ordinateurs
Bon nombre d'entreprises sont encore équipées d'ordinateurs
cathodiques émetteurs d'ondes électromagnétiques (devant et derrière le
poste de travail). Le problème est que, trop souvent, aucune réflexion
ergonomique n'est menée quant au positionnement de ces équipements et
de leurs utilisateurs.
> Les solutions possibles : le
minimum est de s'assurer que l'ordinateur dispose de la norme suédoise
« low radiation ». Par ailleurs, il faut veiller à ce que l'ordinateur
ne soit pas placé devant une porte blindée, un radiateur ou une armoire
métallique, ce qui augmenterait considérablement la réflexion des
ondes. En open-space, les personnes ne doivent pas être placées face à
face, mais de biais. Autre attitude conseillée : éteindre la wifi de
son ordinateur portable quand on ne l'utilise pas.
â?¢ Les souris
Les ondes électromagnétiques se nichent jusque dans les souris d'ordinateurs. Et les plus chères ne sont pas forcément les moins nocives ...
> Les solutions possibles : mieux vaut opter pour des souris filaires ou, mieux, pour les souris à infrarouge qui ne dégagent pas d'ondes électromagnétiques.
â?¢ Les systèmes de ventilation, de climatisation et de chauffage
Les télécommandes à radiofréquences qui font fonctionner ces
systèmes sont à proscrire. Les télécommandes filaires dont le câblage
n'est pas non protégé ne sont pas plus conseillées, du fait que
celui-ci fait « antenne », ce qui peut provoquer des mesures allant de
2 à 3 volts/mètre dans un bureau !
> Les solutions possibles :
Le plus simple est de procéder à un blindage du câblage, même si cela
peut être un peu onéreux. L'alternative la plus efficace est encore
d'opter pour une télécommande à infrarouge, garantie sans nuisance.
â?¢ Les lampes
Les nouvelles lampes fluo compactes à basse consommation ne seraient
pas sans danger sur la santé, selon les études du CRIIREM. Ce centre de
recherche met à l'index plusieurs points noirs : présence de mercure,
rayonnement électromagnétique bien supérieur aux plafonds fixés par la
Commission européenne, mauvais éclairage, bruit de fond...Avec, en
conséquence, des perturbations diverses : migraines, fatigue, troubles
ressentis chez les personnes équipées d'implants, surtout à proximité
immédiate de ces lampes.
> Les solutions possibles : le
CRIIREM n'étant pas favorable à la disparition totale des lampes à
incandescence classiques, sa préconisation est d'opter pour les
ampoules fluorescentes à usage professionnel, qui n'émettent pas
d'ondes électromagnétiques. Mieux vaut en tous cas éviter les lampes
halogènes pour un usage quotidien durant la journée (UV). Autre
solution d'avenir : les LED (diodes électroluminescentes) qui ne
contiennent pas de mercure et à faible rayonnement électromagnétique.
Seul inconvénient pour l'heure : leur co»t.
â?¢ Les sources extérieures de nuisance
Lignes à haute ou très haute tension, antennes relais, wifi, WIMAX,
ou de télévisions, paraboles de radio de communication privée, radars
aéroportuaires ou militaires, zones de gendarmerie, de police ou de
pompiers...La proximité de ces zones représente un risque pour la santé
des salariés.
> Les solutions possibles : Vitres
blindées ou rideaux spéciaux au niveau des vitrages peuvent être
envisagées. Certains matériaux absorbent en effet une partie des
rayonnements électromagnétiques. Les peintures au graphite (sur les
murs intérieurs ou extérieurs) constituent un bon rempart, de même que
des tapisseries spécifiques, sur les parois intérieures des bureaux.
Autre
solution : la pose d'armatures sur les portes et fenêtres destinées à
piéger les ondes. Les matériaux de blindage sont variés (fer doux,
matériaux anechoïdes sans écho...) et peuvent même être posés sur le toit
de l'établissement, par exemple, en cas de présence d'une antenne
relais.
â?¢ Dans les véhicules
L'impact des ondes électromagnétiques constitue un risque dans
l'univers fermé et clos d'un véhicule, avec des outils qui fonctionnent
en permanence. Certains équipements de téléphonie intégrée, avec
antenne intérieure, peuvent par exemple générer jusqu'à 10 volts/mètre
au sein du véhicule. Migraines assurées !
> Les solutions possibles :
Le bon réflexe est de disposer d'un système de téléphonie équipé d'une
antenne extérieure qui permet de ne pas dépasser 2 volts/mètre à
l'intérieur du véhicule. Quant au système GPS, s'il n'est pas intégré,
mieux vaut le positionner à côté, plutôt qu'en face du conducteur
En encadré : Rappel sur le cadre légal
Les employeurs méconnaissent souvent le cadre légal relatif aux ondes électromagnétiques. Il existe trois textes clés : une directive européenne de 2004, des normes de compatibilité électromagnétiques européennes et françaises (NF-EN 61000) et un décret qui limite à 3 volts/mètre le seuil d'exposition dans les bureaux. Les employeurs doivent donc faire réaliser un état des lieux du fonctionnement de leurs matériels électriques et électroniques et engager une réflexion ergonomique. En cas d'incident, ils s'exposent au risque de faute inexcusable et la responsabilité pénale du dirigeant peut être engagée.

